Certains ont été tentés de se rendre à la Cigale pour écouter « le mec du moment dont tout le monde parle et qui a des chansons mortelles qui passent à la radio », alias Charlie Winston. D’autres ont voulu partager l’énergie bouillonnante et franchouillarde de Java à l’Elysée Montmartre. Et une poignée d’irréductibles (gaulois) ont préféré la chaleur de l’Européen et l’effervescence de Mr Roux. Amenez les parasols et les maillots de bain !
A croire que la soirée était placée sous le signe de la ferveur et de la franche rigolade. La première partie, assurée par Boule, a bel et bien détendu le public de l’Européen. Avec son air gauche et timide, Boule, seul avec sa guitare (et le monsieur assure je vous le confirme), étale ses histoires, avec un ton burlesque et insolite (la chanson d’ouverture sur une truite vaut son coup d’oreille). Mais, derrière le côté humoristique et réservé que Boule dégage, on entrevoit une sincérité bouleversante, un mal être profond que l’artiste ne manque pas d’évoquer lors d’un magnifique morceau sur les filles qu’il « matait » dans le métro. Boule, originaire de Normandie, a ainsi enchanté l’assistance et se voit couronner d’une « standing ovation » rarement vue lors d’une première partie.
Après la pause, une bière bien fraîche et l’envolée de la plupart des couches vestimentaires nécessaires en cette journée du 10 juin (la pluie, la pluie, la pluie), la petite bande de Mr Roux entre sur scène, acclamée par le public qui est impatient d’entendre les nouveaux morceaux du groupe rennais.
« Le cowboy bling bling » ouvre les réjouissances et l’ambiance festive est déjà bien installée. Le groupe, venu présenter « Un été caniculaire » (album sorti le 1er juin 2009), reste fidèle à sa personnalité débordante sur scène. Ca plaisante, ça discute avec le public, ça réaccorde ses instruments, ça sort des blagues. On est comme autour d’un feu sur la plage, avec les amis qui prennent les guitares et nous font rire.
Les morceaux d’ « Un été caniculaire » s’entrelacent avec ceux d’ « Ah si j’étais grand et beau », premier opus de Mr Roux qui eut un franc succès lors de sa sortie et de la tournée qui s’en suivit. Le public reste ébloui par les nouveaux morceaux, dont les arrangements sont à couper le souffle (on apprécie réellement les instruments irlandais ou typiquement country utilisés pour l’occasion) et qui possèdent un côté plus rock que ceux du premier album.
Lorsque « P’tite pouff », « Petit Rasta » ou « Ah si j’étais grand est beau » retentissent dans l’Européen, l’auditoire n’hésite pas à reprendre en cœur les textes, à se mettre debout et à taper dans les mains. « Le clodo » est absolument superbe sur scène, bien plus pêchue que sur l’album. Erwan Roux semble transcendé et possédé durant les 3 minutes du morceau et les applaudissements à l’issue sont tout naturellement mérités.
On est toujours sur la plage, il fait chaud, on boit une bière et on se retrouve avec ses amis. La détente est omniprésente.
Mais il faut bien que cela se termine (malheureusement) et qu’il y ait un rappel. Mr Roux ne fait pas attendre son public, remonte sur scène pour enchaîner la suite.
Il joue, entre autres - et en quasi acoustique - « Ma mère la pute », que le public ne manquera pas de murmurer : mélange d’émotions et de rires. Boule rejoint le groupe pour clôturer la soirée, dans la joie, la chaleur et la bonne humeur. Et c’est ainsi que les 1h30 ou peut être plus sont passées à une vitesse folle, dans une ambiance décontractée et amicale.
Un concert caniculaire qui (re)donne la pêche. Sortez vos tongues pour les prochaines dates.
V.















