Black gold, l’or noir, l’exploration du sexe, du sens, du sens lié à la sensualité, du contact si ressourçant avec l’âme et la beauté de la nature et du corps, l’oppression intérieur et la libération intérieur, le grand métissage mondial, la perte de l’identité ancienne et le rêve d’une nouvelle, tout cette floraison poétique et philosophique si actuelle, si juste dans les désirs qu’elle soulève. Pour moi la poésie noire de Aimé Césaire jusqu’à Dany Laferrière, du Sénégal à Haïti, c’est un miroir précieux qui me recentre, qui me reconnecte . J’ai essayé de trouver le son et le rythme de ces mots et de m’effacer derrière leur musique.
Arthur H
De la négritude à la créolisation, suivant la voie (la voix) du grand poète martiniquais Edouard Glissant, Arthur H et son musicien Nicolas Repac nous emmènent dans un parcours poétique, rythmique et sonore, essentiellement centré sur l’arc antillais, avec bien sûr la figure tutélaire d’Aimé Césaire mais aussi des auteurs contemporains comme James Noël, Daniel Maximin ou Dany Laferrière, qui vivent et écrivent en français au XXIème siècle, qui évoquent la terre, l’amour, les racines et les rêves, la fièvre et le tremblement, au coeur du monde, du tout-monde.
Nadine Eghels
C’est à l’occasion d’une soirée qui rendait hommage à Édouard Glissant à l’Odéon - Théâtre de l’Europe que nous avons entendu pour la première fois Arthur H lire de la "poésie noire". Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire et Bamako Paris New-York de Manthia Diawara constituaient notamment la matière littéraire de sa partition. Car en effet comment nommer cette étrange sensation d’une voix qui est évidence musicale et sens à la fois. D’une présence immédiatement juste dans ce qu’elle vous transmet.
Arthur H était ce soir-là sur la grande scène de l’Odéon, pas seulement interprète d’une parole et d’une pensée mais bien incarnation, ceci sans effort, comme si les mots du continent africain lui venait du plus profond de lui même, comme la musique qui peut sembler venir parfois d’une source originelle un peu mystérieuse.
Donc, Arthur H en amplificateur des poètes de la négritude. Cette dernière qui est pour Césaire « en premier lieu le rejet. Le rejet de l’assimilation culturelle ; le rejet d’une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique. », et pour Senghor : « La négritude est un fait, une culture. C’est l’ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d’Afrique et des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie. »
Mais avant tout, il s’agit d’un langage commun, d’une parole qui nous relie et nous fait femmes et hommes.
Paul Rondin,
secrétaire général du Théâtre de L’Odéon
BIOGRAPHIE
ARTHUR H
Fils de Jacques Higelin et de Nicole Courtois, Arthur H quitte le lycée à 16 ans et part alors trois mois naviguer aux Antilles. Ses parents l’envoient ensuite à Boston où il étudie la musique pendant un an et demi. De retour à Paris il monte quelques groupes et expérimente ses premières compositions jusqu’à une participation ratée au Festival de Bourges qui va le pousser à retravailler sa musique. C’est à la croisée d’influences musicales très diverses telles que Thelonious Monk, Tom Waits, les Sex Pistols, la chanson, le jazz, le blues ou encore le tango, qu’il se construit un univers particulier.
En 1988 il monte un spectacle avec Brad Scott, contrebassiste anglais, qui sera programme pour trois dates dans une salle parisienne de 60 places. Le succès étant au rendez-vous, le spectacle est reprogrammé pendant un mois. Deux mois plus tard ce même spectacle, enrichi du batteur Paul Jothy, est programmé pour 30 représentations au Sentier des Halles, la critique s’emballe. En février sortira le premier album, enregistré avec Paul Jothy et Brad Scott. Le Théâtre de la Ville les accueillent alors pour quelques représentations triomphales en mars qui seront suivies d’une tournée ainsi que d’une première partie de Barbara au Festival des Francofolies.
Le 3 septembre 1990 sort “Arthur H”, premier album éponyme qui connaît un fort succès notamment grâce à la tournée précédente ainsi qu’à une presse élogieuse. Arthur H montera sur la scene de l’Olympia en 1991, à l’occasion d’une émission de radio, entouré de 8 musiciens, son trio plus quatre cuivres.
En avril 1992 sortira le deuxième album d’Arthur H et de son groupe, intitulé “Bachibouzouk”. Début 1993 le chanteur s’installe pour six semaines au Magic Mirrors, chapiteau construit en Belgique dans les années 20, où il va inventer un spectacle musical drôle et fortement influencé par une atmosphère de cirque. Il reçoit peu de temps après la Victoire de la Musique de la révélation masculine de l’année et enchaine alors sur de nouvelles tournées incluant l’Afrique et le Japon. En octobre 1993 sort un premier album live enregistré dans le cadre des concerts donnés au Magic Mirrors.
Après une brève pause, Arthur H revient sur le devant de la scene en septembre 1996 avec un troisième album intitulé “Trouble fête” suivit d’une tournée en France et en Afrique notamment.
“Pour Madame X”, quatrième disque d’Arthur H, sort à la fin de l’été 2000, avec la participation de Nicolas Repac à la guitare, Brad Scott à la contrebasse et Laurent Robin à la batterie. L’album sera suivi d’une tournée qui commencera dès novembre 2000.
En juin 2002 son album “Piano solo” revisite son répertoire avec pour seul instrument le Piano qui donne son titre à l’album.
Dès 2003 Nicolas Repac et Brad Scott reviennent travailler avec Arthur H pour l’écriture d’un nouvel album, “Négresse blanche”, qui sort en mai 2003. La sortie sera suivie d’une série de concerts notamment aux Bouffes du Nord puis dans des festivals. La tournée se prolongera en 2004 au Canada où il enregistrera son cinquième album studio “Adieu tristesse” qui sortira en septembre 2005 et remportera un franc succès.
Il contient trois duos l’un avec –M- « Est-ce que tu aimes ? » ,dont le clip leur vaudra la victoire de la musique dans la catégorie clip de l’année ; Le second avec la chanteuse canadienne Feist et enfin le dernier avec Jacques Higelin.
S’en suivra une tournée dans toute la France, au Canada, en Pologne et au Liban.
Son septième album sort en juin 2008, il est intitulé “L’Homme du monde”. La musique d’Arthur H s’y fait plus dansante et plus entraînante, le piano laisse place à la guitare.
Arhtur H est actuellement en studio pour enregistrer un huitième album.
NICOLAS REPAC
Acolyte d’Arthur H depuis le début des années 2000, Nicolas Repac est un touche-à-tout inclassable, adepte de la sanza, du balafon, de la flute ou de la guitare. Tombé très vite dans le milieu musical ses influences vont d’AC/DC à Tom Waits en passant par Gainsbourg et Miles Davis.
En 1995 il collabore avec le groupe Pratan Burst sur une adaptation musicale de la bande dessinée “La nuit” de Philippe Druillet pour laquelle il réalise les arrangements.
Nicolas travaille ensuite avec un collectif de remixeurs, puis avec No One Is Innocent. C’est suite à une rencontre avec Philippe Teissier du Cros qu’il est présenté à Arthur H avec lequel il collaborera par la suite.
En 1996 il décident, avec Philippe Teissier du Cros, de réaliser un album dont les bases seront enregistrées avec le guitariste Pierre Fruchard et quelques amis musiciens. En parallèle il part également en tournée avec Arthur H et collabore notamment avec Michel Portal.















